Informatique : vers un Nouveau Monde

 » L’histoire de l’humanité s’accélère. Sur les quatre milliard d’années d’existence de notre planète, toutes les espèces connues datent de moins de cent million d’années, l’homme de moins d’un million d’années, le plus ancien dessin sur la paroi d’une caverne de 30 000 ans. Il y a tout juste 500 ans, l’invention de l’imprimerie accélérait la diffusion du savoir. 200 ans nous séparent de la machine à vapeur qui provoqua la révolution industrielle. Avec ses 50 ans, l’ordinateur fait figure de jeunot. Et pourtant quelle comparaison possible entre le premier ordinateur (50 tonnes, 25 kilowatts, quelques milliers de positions de mémoire, une centaine d’instructions par seconde) avec le microprocesseur Pentium (quelques grammes, 25 watts, 32 Megaoctets de mémoire, 100 millions d’instructions par seconde). Et tout laisse à penser que dans 10 ans le Pentium apparaîtra aussi démodé que le premier ordinateur.

 

Lorsqu’il a été inventé, l’ordinateur était une curiosité de laboratoire. Au début des années 50, une étude de marché restée célèbre évaluait le marché mondial à une cinquantaine de machines. Aujourd’hui, les 200 millions d’ordinateurs installés démontrent qu’il serait inconcevable de s’en passer dans la civilisation industrielle contemporaine. Depuis 1995, il se vend dans le monde plus de P.C. que de téléviseurs. Pendant le temps mis à lire ce texte, le nombre d’ordinateurs connectés à l’Internet, le réseau des réseaux, a augmenté de plusieurs milliers. La manière dont l’informatique a révolutionné l’activité intellectuelle et économique n’a pas d’équivalent dans d’autres domaines. Une description purement statique des techniques et des résultats est donc totalement insuffisante pour comprendre l’informatique. Une vision dynamique s’appuyant sur les grandes tendances de l’évolution est indispensable pour comprendre ce qui va se passer même à très court terme. »

Lorsque j’écrivais ce texte publié en 1996, peu nombreux étaient ceux qui croyaient aux nouvelles technologies symbolisées par Internet. Et pourtant la nouvelle « société de l’information » annoncée dans ma conclusion s’est bien matérialisée si l’on en juge par les valorisations boursières atteintes au début 2000 par les sociétés de la « nouvelle économie ». Les Technologies de l’Information sont maintenant intimement liées à notre manière de vivre et de travailler. Dans les dix prochaines années, le monde de l’informatique va subir des transformations profondes qu’il convient d’annoncer et de préparer.

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